Comprendre
Une autoroute incomplète au Bas-Saint-Laurent
Le tronçon de l’autoroute 20 entre Notre-Dame-des-Neiges et Rimouski (secteur du Bic) constitue une interruption dans un axe routier majeur du Québec.
L’autoroute 20 est déjà aménagée à l’ouest de Notre-Dame-des-Neiges ainsi qu’à l’est de Rimouski, mais environ 53 km demeurent toujours non complétés entre ces deux secteurs. Le trafic de transit doit donc emprunter la route 132, une infrastructure qui traverse plusieurs milieux de vie.
Cette situation oblige une même infrastructure à répondre simultanément aux besoins locaux et aux déplacements régionaux. Chaque jour, des résidents, des autobus scolaires, des producteurs agricoles, des travailleurs, des touristes ainsi que l’ensemble des véhicules appelés normalement à circuler sur une autoroute partagent cette route, y compris un important volume de véhicules lourds.
Les nombreux accès riverains et intersections multiplient également les points de conflit et constituent un risque supplémentaire pour la sécurité.
Le réseau autoroutier québécois repose normalement sur des axes continus permettant des déplacements efficaces et sécuritaires sur de longues distances. L’absence d’un lien autoroutier continu force le trafic de transit à emprunter la 132, un environnement incompatible qui n’a pas été conçu pour cette fonction.
Un corridor fortement utilisé par le transport lourd
Le corridor supporte un volume important de transport lourd, incluant notamment des matières dangereuses, du transport forestier, des véhicules hors norme ainsi que des activités d’approvisionnement régional.
Avec l’augmentation constante de la circulation, la cohabitation entre les usagers locaux et le trafic de transit devient de plus en plus difficile. La route 132 assume ainsi un rôle qui dépasse largement la fonction pour laquelle elle a été aménagée
Lors du passage d’un convoi hors norme, l’ensemble de la chaussée et des accotements peut être mobilisé, ce qui peut compliquer temporairement l’accès aux résidences, aux commerces et aux intersections. Cette situation peut également réduire les marges de manœuvre des usagers de la route.
Des contraintes physiques importantes
Plusieurs contraintes physiques caractérisent également le corridor. On y observe du brouillard riverain dans le secteur du Bic, des pentes importantes pouvant atteindre 9 % entre le Bic et Saint-Fabien, des courbes combinées avec une visibilité réduite, ainsi que des zones d’instabilité ponctuelle des sols entre Saint-Fabien et Saint-Simon. Ce secteur a notamment été marqué par un important glissement de terrain qui a déplacé la route 132 en 1976.
Des secteurs reconnus comme présentant des déficiences géométriques
Le rapport Prolongement de l’autoroute 20 Trois-Pistoles–Rimouski (Le Bic), réalisé pour Transport Québec et Roche Dessau dans le cadre des études du projet, identifie plusieurs secteurs problématiques sur la route 132 entre Saint-Fabien et Le Bic.
Le document mentionne notamment la présence de « déficiences géométriques » sur plusieurs côtes du corridor, notamment :
Secteur à l’ouest de la halte routière du Bic
Secteur à l’est du camping du Bic (côte de l’Auberge du Français)
Secteur à l’est de l’intersection de la rue Sainte-Cécile (côté ouest) au Bic
Secteur à l’est de l’intersection de la route du Cap-à-l’Orignal (côte à Gendreau) à Saint-Fabien
Photos: Route 132 entre Bic et Saint-Fabien, caractérisée par des courbes combinées, des pentes importantes et une visibilité variable.
Un environnement routier complexe
Les conditions de circulation influencent l’environnement routier en réduisant la visibilité, les distances de réaction et les possibilités de manœuvre. Les conducteurs disposent alors de moins de temps et d’espace pour s’adapter aux situations rencontrées sur la route.
L’absence d’itinéraire de contournement
Enfin, lorsqu’un incident survient sur la route 132, il n’existe pas de voie de contournement directe. Le trafic, notamment le transport lourd, doit alors être redirigé vers des détours plus longs, ce qui affecte l’ensemble du corridor.
L’ensemble de ces éléments démontre les limites d’une route régionale utilisée comme corridor de transit autoroutier.